Acquisition exceptionnelle d’un bodhisattva
mardi 26 septembre 2006 par Patrick Le Gac
Cette acquisition grâce au mécénart de AREVA, une pièce enrichit les collections du musée Guimet, le plaçant ainsi au côté du Metropolitan Museum of Arts de New-York, du Museum of Arts de Boston, et du British Museum de Londres. Cette statue cultuelle en grès rougeâtre, haute de deux mètres quarante, représente un bodhisattva, « être d’éveil ». Cette œuvre,
commanditée par un souverain ou un éminent personnage, est une statue-colonne, taillée dans le bloc rocheux originel.
Fidèle à une iconographie fixée en Inde, l’être d’éveil porte le costume et les attributs princiers (diadème orné, lourds bijoux). Le trait sinisé se remarque dans le fait que le torse, contrairement à la nudité indienne, est couvert d’une fine étoffe. La gestuelle est conforme au canon répandu dans tout le monde bouddhique. La main gauche, dans laquelle apparaît le bouton de lotus, figure le geste du « Don ». La droite, relevée, brisée au poignet, pourrait esquisser le geste de « l’Absence de crainte » ou bien, plus probablement, être retournée comme si elle venait à toucher l’écharpe, douceur d’un geste qui manifeste le don de soi.
Le style, ainsi que la nature du grès laissent à penser que cette statue provient des grands ateliers impériaux du Nord-est (région de Taiyuan), dans la province du Shanxi, alors sous le règne de la dynastie sino-barbare des Qi septentrionaux (550577). On retrouve également l’influence de leurs prédécesseurs, les Wei occidentaux. Le bodhisattva se trouvait sans doute parmi un groupe statuaire dressé sur l’autel principal d’un temple, réuni autour du Bouddha. Ces figures sont principalement honorées dans le bouddhisme du Grand Véhicule (Mahâyâna). Répondant à l’attente des croyants qui cherchent à se délivrer de leur douleur, le bodhisattva intervient dans la vie des hommes en qualité de guide secourable. Il incarne le voeu d’obtenir l’état de bouddha, « éveillé parfait ».
6 place d’Iéna
75116 Paris Tél : 01 56 52 53 00