Asie Centrale « Musique des Ouïgours »
mardi 1er avril 2003 par Patrick Le Gac
Le Shash-maqâm est la musique classique d’Ouzbékistan et du Tadjikistan. Il a pris forme au XVIIIe siècle, âge d’or de la cour des khan de Boukhara, et comprend six grandes suites vocales et instrumentales dont le Maqâm Dugâh qui est présenté ici pour la première fois dans sa forme originale pour voix, luths et violes.
Une musique d’une grande intensité expressive, tantôt dramatique ou mélancolique, tantôt jubilatoire (car il ne faut pas oublier que c’est aussi une musique de fête), et servie par des musiciens hors-pairs.
Le Shash-maqâm ouzbek-tadjik
Nadira Pirmatova and Mariam Sattarova, chant
Abdulrahim Hamidov et ensemble instrumental
Premier peuple turc à posséder une écriture et à élaborer une haute culture, les Ouïgours constituent l’une des plus anciennes civilisations d’Asie centrale. Le foyer du peuple ouïgour est dans le Xinjiang ou Turkestan chinois. Mais c’est dans la diaspora, notamment d’Ouzbékistan et de Kirghizie, que les traditions musicales se sont les mieux conservées. La musique ouïgoure est d’une grande richesse et d’une remarquable originalité. Elle prend racine dans un passé culturel brillant, où se mêlent des éléments indo-iraniens, bouddhiques, manichéens, turcs et musulmans. Une musique émouvante et tonique qui fleure étrangement un parfum d’Extrême-Orient.
Les interprètes présentés ici sont reconnus comme étant les meilleurs. Ils sont conduits par Abdulaziz Hashimov. Issu d’une famille de mélomanes, il a abandonné, à 22 ans, ses études de médecine pour se consacrer à la musique et a reçu une formation musicologique poussée. Doté d’une extraordinaire mémoire il chante et joue (dôtar et tânbur) tous les airs qu’il collecte depuis trente ans. Il est le gardien de la science musicale ouïgoure.
Ce concert a été enregistré le 10 mars 2002 à la Maison des Cultures du Monde, lors du 6ème Festival de l’Imaginaire.