Coba en concert acoustique
mercredi 14 avril 1999 par Emmanuel Deslouis
Il ne paye pas de mine Coba, l’accordéoniste japonais qui joue ce soir au théâtre du sentier des Halles, avec sa chevelure jaune canari et son T-shirt blanc à rayures rouges. Et pourtant. Accompagné d’un ami guitariste, qui comme lui joue acoustique, il se lance dans une douzaine de morceaux qui explorent et chamboulent plusieurs genres musicaux.
Le concert s’ouvre sur « Plaisir caché du silence », un melting pot jazz-rock-funk avant de passer à une musique de film d’action gonflé aux amphétamines, « Gaudisme ». Le troisième morceau casse ce rythme d’enfer, « Transparent Greece » est en effet une ballade aux accents western où Coba fait vibrer son accordéon comme un harmonica. Fin de temps mort, « Irene » se développe sur une rythmique funky qui accueille le chant rappé en italien par Coba. Les rebondissements sont multiples dans ce morceau qui connaît des breaks de type tango et même blues ! Ce tango qu’il affectionne, on le retrouve dans « Montre molle », une variation jazz-tango sur le thème musical de « Mission impossible », dans « Eye », un tango cahoteux au tempo volontairement heurté à plusieurs reprises, ou encore dans « Tangista », un hommage à Astor Piazzola, le défunt maître du bandonéon argentin. Il décline enfin le genre de la ballade dans trois morceaux : « Quando sentrai da sola », « Eternité révolue » et « Larmes d’Elémia » où il fait sonner son instrument comme un orgue.
Le duo guitare-accordéon fonctionne très bien, dialoguant, se renvoyant des phrases comme des percussions, effectuant des breaks aux limites du tempo avant de retomber sur le temps au moment où tout semblait perdu. Mi-rieur, mi-clown absurde, mi-star de rock, il déjoue les classifications en virevoltant entre le rock, le tango, la variété, le funk, les ballades, le jazz, et se paye des digressions entre les morceaux sur les mérites comparés des bons vins bordelais !
On ne peut que remercier les auteurs du magazine franco-japonais Minimix d’avoir fait découvrir au public français ce musicien multiforme déjà célèbre au Japon, accompagnateur de la chanteuse Bjork lors de sa dernière tournée mondiale, créateur du label de musique techno « B-Cool », accompagnateur du Bulgarian Symphony Orchestra sur un album.
Un homme plein de ressources !
Les amateurs pourront trouver ses albums en import : « Mania Coba 2 » (ref. EASTW M122596), « Sweet Poison » (ref.COBA M28357), « Techno Cabaret » (ref.EMI M30035).
Emmanuel Deslouis
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