
Ces traditions sont transmises oralement depuis des siècles : celle du Kazakhstan central et oriental. L’art musical propre à cette région a beaucoup souffert durant la période soviétique, mais, préservé grâce à quelques vieux maîtres, il est aujourd’hui revivifié par une nouvelle génération qui s’inspire directement des anciens.
Instrument des chamanes, le kobyz ouvre une porte vers le monde des esprits et rythme ce voyage dans l’au-delà. Le son surnaturel de ses cordes en crins de cheval pénètre les âmes des vivants et appelle celles des morts. Smagul Umbetbaev est le dernier des grands kobyzistes kazakhs, il compose et interprète magistralement des kuï (morceaux instrumentaux) et des ën (chansons), une tradition perdue à laquelle il a redonné vie. Saïan Aqmolda, son élève, a découvert quant à lui une sonorité originale, qui plonge dans les racines du kobyz.
Âme du peuple kazakh, la dombra peint dans les kuï les sentiments les plus intimes, les chevauchées héroïques et les beautés de la steppe. L’école sherpe privilégie les fines esquisses psychologiques et les peintures d’une nature douce et majestueuse. Talasbek Asemkulov en est l’un des principaux dépositaires.
Les plus célèbres chanteurs viennent aussi de cette région, qui fut le berceau de la poésie kazakhe. Accompagnée à la dombra, leur voix richement timbrée donne toute leur place à la vivacité, à l’humour et à la tendresse de la vie nomade. Nugzhan Zhanpeïsov et Ardak Isataeva, les meilleurs représentants de la jeune génération, font renaître cette tradition en renouant avec les formes vocales ancestrales.
Xavier Hallez
A écouter :
« Le Kobyz, l’ancienne viole des chamanes »
A lire :
« Le Chant des Steppes, Musique et chants du Kazakhstan » par Xavier Hallez, Saïra et Abdulkhamit Raïymbergenov. Éditions du Layeur, 2002.
Extrait du dossier de presse de la Maison des Cultures du Monde
Article paru à l’occasion du Festival de l’Imaginaire 2004
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Les arts d’Asie Centrale
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