Webzine Eurasie

Histoires de fantômes d’Asie - Cambodge

vendredi 19 mars 2004 par Emmanuel Deslouis

On retrouve au Cambodge la même proportion (95 %) de Bouddhistes qu’en Thaïlande. Les Cambodgiens croient aussi aux esprits protecteurs (neak ta),

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Snaker (2001)

qui déchaînent leurs pouvoirs néfastes lorsque les individus agissent contre leur volonté. Et ils doivent par la force des choses coexister avec les fantômes. Durant le génocide khmer rouge, qui a fait disparaître deux millions de personnes, on n’incinérait pas les morts. Or, selon les croyances bouddhistes, leurs esprits sont condamnés à errer sur terre. Autant dire qu’ils pullulent au Cambodge ! Les croyances populaires khmères donnent à craindre une multitude d’esprits : les ap (menacent les femmes enceintes), les tmop (font pénétrer des aiguilles dans le corps de leurs victimes), les meba (provoquent des fièvres parfois mortelles), les mday doeum (rendent malade un nourrisson), sans oublier les arak, kon krak, mren kungveal, naek sachang, pret et mneang phtas. Si les Khmers (tout comme les Thaïs) croient à ces esprits et aux rites magiques pour s’attirer leurs bonnes grâces ou s’en protéger, c’est qu’ils apportent des réponses concrètes à leurs problèmes quotidiens. Malgré cela, le cinéma khmer

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Angkulimear

ne les représente pas ou peu : il doit renaître des années de destruction de la société par les khmers rouges. Du cinéma khmer, il ne reste aujourd’hui que la vingtaine de films romantico-historiques (Apsara (1966), Le petit prince du peuple (1967), Rose du Bokor (1969), Adieu mon amour (1988), Robin des bois khmer (1994), Un Apôtre de la Non-Violence (1997) ) du roi Sihanouk. Sans oublier les excellents films sur le génocide khmer rouge (Site II (1989), Cambodge, entre guerre et paix (1993), Bophana, une tragédie cambodgienne (1996), La terre des âmes errantes (1999) et S21, la machine de mort Khmère rouge (2002) ) de Rithy Panh. Ensuite, on trouve sur le marché des soap romantico-socio-historiques tournés en vidéo. Dans ces dernières productions, notons Angkulimear et Vithurak Bondit, des productions, en khmer non sous-titré, tirés de légendes bouddhistes ou hindoues. Et le seul film digne de ce nom est une production khmère-thaï, Snaker (Kon Pous Keng Kong) (2001), un conte traditionnel qui raconte les vicissitudes de la vie d’une femme-serpent.


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