Incrustations de nacres
mercredi 8 décembre 2004 par Damien Pfirsch

- Incrustations de nacres
- © photo asiannouveau.com
L’un des exemples les plus connus sont les portes d’entrées du hall d’ordination du Temple Wat Phra Keo situé dans l’enceinte du Palais Royal à Bangkok. Vu de loin, un dessin géométrique apparaît clairement, mais en se rapprochant, on distingue alors des représentations miniatures de la vie quotidienne.
La nacre utilisée provient des parois intérieures de coquilles de mollusques, les plus réputées étant les huîtres perlières. Les artisans thaïs affectionnent particulièrement pour leurs reflets vert iridescent les coquilles d’huîtres que l’on trouve sur le long des côtes ouest du Golf de Thaïlande. Mais ces coquillages sont également très incurvés, et doivent donc être découpés en petits fragments pour obtenir des surfaces planes. Plus longs à incruster en raison de la nécessité d’utiliser des centaines de petits fragments, ils forment également des motifs à la finesse exceptionnelle.
Le procédé d’incrustation suit plusieurs étapes bien distinctes. Tout d’abord, le dessin est tracé sur un papier relativement épais. Ensuite, les coquillages sont préparés en coupant les bords des coquilles. La partie de coquille restante est alors découpée en pièces d’une taille généralement inférieure à 2,5 cm de largeur et de longueur.
Les pièces sont alors poncées à l’aide d’une pierre mouillée, pour faire ressortir leur couleur et leur lustre. Elles sont ensuite temporairement collées à un outil en bois, afin d’être taillée à la forme souhaitée sur une meule. Les finitions des pièces ainsi fabriquées se font par un ponçage manuel des bords. Les nacres sont alors collées côté face sur le papier, pour reproduire le dessin souhaité.
Parallèlement, la surface à laquer est préparée par l’application de plusieurs couches de laque entre lesquelles un temps de séchage de plusieurs jours est nécessaire (généralement entre 6 et 7 couches). Avant que la dernière couche ne sèche, les nacres collées au papier sont incrustées en pressant le papier contre la surface laquée. Après plusieurs jours de séchage, le papier est alors enlevé par des lavages successifs et minutieux à l’eau savonneuse. Mais ce n’est pas encore la dernière étape de la fabrication ! Il subsiste encore en effet généralement des espaces entre les nacres, et un mélange de pâte de laque et de cendre de bananiers est alors appliqué à plusieurs reprises pour combler les interstices. Entre chaque application, la surface une fois sèche est polie et lavée. La dernière étape consiste alors à imprégner la laque d’huile de coco, pour lui assurer brillance et longévité.
Article publié par www.asiannouveau.com
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