Les différents styles artistiques thaïs
samedi 4 décembre 2004 par Damien Pfirsch
La découverte de sites préhistoriques à Ban Chiang, au nord-est du territoire actuel, laisse à penser que la Thaïlande fut le berceau d’une civilisation vieille de 5 000 ans. Le peuplement qui se fit par vagues successives (Môns, khmers, Thaïs), contribua différentes influences culturelles et religieuses qui ont contribués aux différents styles de l’art thaïlandais.
La liste qui suit est employée par les historiens d’art pour répertorier les différents styles artistiques thaïs.
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- Art môn (anciennement art Dvaravati, du VIe au XIe siècle, art Hariphunchai du XIe au XIIIe siècle), p1
- Art Khmer (du VII au XIII siècle), p1
- Lopburi (du Xe au XIIIe siècle), p1
- Lanna (du XIIIe au XVe siècle), p1
- Sukhothai (du XIIIe au XVe siècle), p1
- Suphanburi-Sangkhlaburi (anciennement U Thong, du XIIIe au XVe siècle), p1
- Ayuthaya A (1350-1488), p1
- Ayuthaya B (1488-1630), p1
- Ratanakosin (du XIXe siècle à aujourd’hui), p1
Art môn (anciennement art Dvaravati, du VIe au XIe siècle, art Hariphunchai du XIe au XIIIe siècle)
Foyer de rayonnement : le Centre, le Nord et le Nord-Est. Adaptation de styles indiens.
Les différentes influences permirent la création d’une nouvelle image de Bouddha, qui cessa d’être une copie du style indien pour devenir le premier style d’art bouddhique original.
Bouddha, sculpté dans la pierre ou en bronze, se tient le plus souvent debout, ou assis à l’européenne, les pieds posés sur un socle en forme de lotus. Il est représenté avec des traits accusés, un visage large et carré, des arcades sourcilières jointives et galbées, un nez aplati et des lèvres épaisses. Ses yeux sont dirigés vers le bas, donnant un regard à la fois intérieur et bienveillant pour le fidèle qui prie à ses pieds.
Art Khmer (du VII au XIII siècle)
Foyers de rayonnement le Centre et le Nord-Est.
Cet art se caractérise par des styles khmers postclassiques que l’on retrouve sur les sites des temples d’Angkor.
Lopburi (du Xe au XIIIe siècle)
Foyer de rayonnement : le Centre. Ce style se caractérise par un mélange de styles khmer, pala et thaï.
L’influence khmère est très grande dans cette région. Les grands temples (Prasat Hin Phimai, Phanom Rung, Phanom Wan, Muang Tham) sont construits en fonction à la fois des croyances hindouistes et du bouddhisme mahayana. La sculpture et les bas-reliefs sont d’une grande pureté et mêlent les thèmes religieux aux scènes de la vie quotidienne.
Les statues de Bouddha (principalement en grés) le représentent avec un visage carré, des sourcils rectilignes, une bouche large. Un bandeau démarque le front des cheveux et une protubérance coiffe le sommet de son crâne.
Lanna (du XIIIe au XVe siècle)
Foyers de rayonnement : Chiang Mai, Chiang Rai, Phayao, Lamphun, Lampang. Influences : shan, birmane et laotienne.
Le Bouddha de cette époque est très caractéristique. On le reconnaît par son corps opulent, son visage rond, ses petits yeux et sa petite bouche. Il porte de grandes boucles sur la tête, couronnée d’un bouton de lotus. Les statues sont souvent en cristal ou en pierre semi-précieuse ou précieuse, comme le Bouddha d’émeraude (en fait sculpté dans la jade) visible aujourd’hui dans le temple situé dans l’enceinte du Palais Royal à Bangkok.
Sukhothai (du XIIIe au XVe siècle)

- Palais de Bang Pa In (période Sukhothai)
- © photo asiannouveau.com
Foyers de rayonnement : Sukhothai, Kamphaeng Phet et Phitsanulok.
C’est avec cette époque que débute l’art proprement thaïlandais. Il semblerait que ce soit le fait d’avoir adopté le bouddhisme Theravada qui engendra une forme d’art originale, dont le but était d’affirmer l’identité culturelle et religieuse du nouveau royaume. Le style Sukhothai fut une source d’inspiration pour les écoles qui lui succédèrent. Il consacre l’émergence, puis l’apogée, de la statuaire monumentale. Le Bouddha de Sukhothai est le plus caractéristique de l’art thaïlandais. Les statues deviennent plus élancées, le visage décrit un ovale parfait, le nez est long et aquilin, les sourcils sont arqués, les paupières lourdes et la chevelure composée de fines bouclettes. Le crâne est surmonté d’une longue flamme (usnîsa), symbole de la force spirituelle du Bouddha. Les mains et tout le corps deviennent plus stylisés. L’autre innovation de cette période est celle du Bouddha marchant, première représentation du Bouddha en mouvement.
Suphanburi-Sangkhlaburi (anciennement U Thong, du XIIIe au XVe siècle)
Foyer de rayonnement : le Centre. Mélange de styles môn, khmer et local ; prototype du futur style Ayuthaya.
Les caractéristiques principales de la représentation du Bouddha de cette époque sont le fin soulignement des yeux et de la bouche, comme une fine moustache.
Mais le style de Suphanburi-Sangkhlaburi ne parvient pas à se détacher des influences de l’école de Sukhothai et de l’art khmer.
Ayuthaya A (1350-1488)
Foyer de rayonnement : le Centre. L’influence khmère fut peu à peu remplacée par une renaissance des influences Sukhothai.
En 1350 le prince U Thong fonde Ayuthaya, qui devient la capitale du Royaume jusqu’en 1767 (date à laquelle les Birmans la détruisent). L’influence khmère pousse les souverains de cette époque à reprendre le culte du roi dieu, le roi devenant objet de vénération. Fusion des traditions antérieures, le style de cette époque évolue vers un raffinement de plus en plus poussé, dérivé directement de l’empreinte Sukhothai avec des apports khmers. Le Prang, nouveau type de Stûpa en forme d’épi, fait son apparition dans l’architecture religieuse et remplace progressivement le prasat khmer (tour sanctuaire).
Les statues de Bouddha reprennent également les influences de diverses écoles. On retrouve les courbes de l’école de Sukhothai, les yeux de l’époque môn, et les parures des statues khmères.
Ayuthaya B (1488-1630)
C’est le début de l’ornementation particulière du style Ayuthaya. Les statues de Bouddha se parent de nombreux bijoux et deviennent colossales.
Ratanakosin (du XIXe siècle à aujourd’hui)
Foyer de rayonnement : Bangkok. Retour à des formes plus simples, début de l’influence européenne puis de l’art moderne.
En 1767 les Birmans détruisent Ayuthaya et Rama Ier fonde en 1782 une nouvelle capitale, Bangkok. Le style architectural de la nouvelle capitale est surtout l’héritage de l’ancien royaume d’Ayuthaya, mais dans des formes simplifiées et stylisées. Temples et palais sont entourés par des jardins d’influence chinoise et construits avec des matériaux plus légers. Les temples possèdent d’élégantes toitures recourbées, juxtaposées en gradin et recouvertes de tuiles vernies.
Article publié par www.asiannouveau.com
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Damien Pfirsch
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