Musée des arts asiatiques de Nice
mardi 15 septembre 1998 par Patrick Le Gac
Un nouveau musée des arts asiatiques a été inauguré à la mi-octobre 1998 à Nice dans un bâtiment construit entre 1990 et 1994 par l’architecte japonais Kenzo Tange, à la demande du conseil général des Alpes-Maritimes.Emergeant d’un lac artificiel à l’intérieur d’un parc floral de sept hectares, face à l’aéroport de Nice-Côte d’Azur, cet élégant bâtiment repose sur les formes géométriques du carré et du cercle, respectivement symboles de la terre et du ciel en Asie. Le bâtiment évoque un mandala tibétain.
Quatre cubes surplombant le lac sont dévolus aux civilisations chinoise, japonaise, cambodgienne et indienne. Une passerelle conduit au pavillon du thé, tandis que le premier étage est constitué d’une rotonde coiffée d’une pyramide de verre.
Regroupant des objets anciens et modernes, précieux ou artisanaux, les collections du musée des Arts asiatiques s’appuient sur des oeuvres acquises ou confiées par les plus grandes collections privées et publiques (musée des Arts asiatiques-Guimet, Musée de l’homme, Musée des arts décoratifs, Musée de la mode et du textile, Fond national d’art contemporain).
Organisées par thème ou aire géographique, elles tentent de faire saisir au public, d’une manière à la fois profonde et simplificatrice, les traits fondamentaux des civilisations évoquées tant sur le plan esthétique que philosophique.
Disque Bi en jade d’époque néolithique, phénix de bronze, robe de cour du XVIIIème siècle côtoient des céramiques, des laques, des céladons, mais aussi des tissus, de la vannerie.
Quelques années d’incertitude
Né d’une idée d’un bâtiment et non de collections préexistantes, comme c’est habituellement le cas, le Musée départemental des arts asiatiques des Alpes-Maritimes a acquis une quarantaine de pièces et obtenu des prêts et dépôts d’autres musées, comme le Musée Guimet (70 oeuvres), le musée de l’Homme, le musée des Arts décoratif ou le musée Rietberg de Zurich.
Le bâtiment dont le coût du gros oeuvre s’est élevé à 65 millions de F, et la muséographie à 10 millions, a connu quelques années d’incertitude.
Il était né d’un accord entre l’ancien maire de Nice Jacques Médecin et l’artiste peintre Pierre-Yves Trémois qui avait décidé de se départir de plusieurs oeuvres de sa collection d’arts asiatiques. Le conseil général se chargeait de la construction, la ville de Nice devant prendre la relève pour la gestion.
La première pierre fut posée début 1990, mais à la fin de la même année Jacques Médecin prenait la fuite à la suite de ses démêlés avec la justice. 1993 fut marquée par la rupture des négociations entre la ville et l’artiste. Pierre-Yves Trémois aurait exigé, en échange d’une donation de quelques oeuvres asiatiques, que le musée porte son nom et qu’il présente plusieurs centaines de ses oeuvres.
En 1995, le maire de Nice Jacques Peyrat refusant de prendre en charge le fonctionnement du musée, le conseil général décida de l’assumer. La Direction des Musées de France finança notamment la muséographie confiée à l’architecte François Deslaugier. Ce travail s’est achevé fin juin 1998.
Musée des arts asiatiques 405, Promenade des Anglais - Arenas - 06200 Nice
Tous renseignements utiles (horaires, jours d’ouverture, tarifs...) sur le site internet du musée : www.arts-asiatiques.com