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Pava-kathakali

Marionnettes traditionnelles du Kérala

lundi 6 septembre 1999 par Patrick Le Gac

En langue malayalam, celle de l’État du Kerala dans le sud-ouest de l’Inde, katha signifie histoire, kali, jeu et pava, marionnettes ou poupées.

Lorsque le fameux drame dansé du kathakali, créé au XVIIe siècle, arriva au XVIIIe siècle dans la région de Palghat, ses acteurs trouvèrent une forme de marionnettes à gaine qui aurait existé depuis déjà plus de quatre siècles et qui aurait servi à rythmer les cantilations bouddhiques et à conter les vies de Bouddha, dans un but moralisateur. Plusieurs familles séduites par la forme du kathakali s’emparèrent du contenu, ainsi que de la musique et des costumes et composèrent un spectacle de marionnettes beaucoup plus populaire que le kathahali en langue sanscrite, la langue des lettrés. Le pava-kathahali se joue en malayalam et en tamil, car plusieurs maîtres de cet art nouveau arrivèrent du Tamil Nadu, l’État du sud voisin.

Comme toutes les formes spectaculaires du Kerala, le pava-kathahali se déroule pendant la saison sèche, de décembre à mars, entre les récoltes de riz. Aujourd’hui il n’existe plus qu’une seule troupe, celle de Irinjalakuda, dans les environs de Trichur, dirigée par G. Venu.

Les marionnettes

La grandeur des poupées varie entre quarante et soixante centimètres. La tête et les bras sculptés par des artistes locaux sont en bois dur, peint et patiné. Ces trois parties sont jointes par des petits sacs de tissu. Les marionnettes ne possèdent pas de jambes, mais une grande crinoline de coton sous laquelle le marionnettiste assis sur le sol, manipule à vue, semblant suivre les mouvements et la respiration de la marionnette. Celle-ci, selon le caractère qu’elle représente, porte des bijoux, des perles, des boules de corail et des plumes de paon.

Les conditions du spectacle

Bien que le pava-kathakali ne possède aucun aspect sacré proprement dit, les artistes sont parfois invités à présenter le spectacle dans un village ou dans une maison familiale pour la réalisation d’une puja ou action de grâce. Ainsi aucune structure spéciale n’est nécessaire. Les manipulateurs prennent place sur le sol devant les musiciens. Ceux-ci jouent les mêmes instruments que dans le kathakali des acteurs : le chenda ou long tambour à deux peaux, frappé avec des baguettes, le chengila ou gong, l’ilatalam ou paire de cymbales de cuivre et, pour ouvrir le spectacle, l’un d’eux souffle dans le shankh ou conque de nacre. Une lampe à huile est allumée comme le veut l’usage de tous les spectacles au Kerala et les séries préliminaires commencent avec une incantation à Ganapathi, le dieu à tête d’éléphant qui détient le pouvoir d’abolir les obstacles et des remerciements au guru.
L’usage était de remettre à chaque artiste un dhoti neuf, de le nourrir et de lui donner une certaine somme d’argent.

Le répertoire

Comme dans le kathahali des acteurs, les épisodes représentés appartiennent aux deux grandes épopées de l’hindouisme : le Ramayana et le Mahâbhârata. Ce sont surtout des fragments de cette dernière qui sont le plus souvent joués. Dès 1981, G. Venu se met en devoir de collecter les textes non écrits faisant partie de la tradition populaire malayalam alors en plein déclin. Aujourd’hui sa troupe peut jouer une quinzaine de fragments.

Françoise Gründ
Maison des Cultures du Monde
Extrait du dossier de presse

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