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Jean-Louis Nou
Photographe de l’Inde

Né en 1941 à Perpignan, Jean-Louis Nou a été initié à la photographie par Thérèse Le Prat. Attiré par l’aspect ethno-graphique de l’image, il entreprend une série d’enquêtes sur la vie en Suède, dans les pays de l’Est, au Viêt-nam. En Asie, il découvre la philosophie orientale et se tourne vers l’Inde où il voyagera durant quinze ans. Sa connaissance des aspects les plus divers de la société indienne lui permettent une approche toujours plus approfondie de ses moeurs, de ses croyances. Il réalise des reportages pour les organismes internationaux, des expositions, des musées photographiant temples et ?uvres d’art illustrant ainsi plus d’une trentaine de livres chez des éditeurs de référence dont Inde, Cinq mille ans d’art, lors de l’exposition au Petit-Palais ; Ajanta édité par l’Imprimerie nationale sur les fresques de ce sanctuaire rupestre ; Inde Hommes, Rites et Dieux, édité chez Edita-vilo, illustration des textes d’Indira Gandhi sur son pays ; Tâj Mahal et Borobudur édités par l’Imprimerie Nationale, l’Art en Inde édité chez Editio.

Pour couronner cette carrière, l’association des gens d’image lui décerne le prix Niepce en 1975 pour l’ensemble de son oeuvre.

Malheureusement c’est en 1992 que cet homme très estimé disparaît lors d’un accident de voiture pendant un reportage pour la revue Historia.

Amina Okada, Conservateur au musée national des arts asiatiques-Guimet, évoque la vie de ce photographe hors pair, avec qui elle avait collaboré régulièrement, notamment pour la réalisation des livres Tâj Mahal et Borobudur.

« Jean-Louis Nou avait fait de l’Inde une seconde patrie. Avec générosité et simplicité, avec passion et intuition, il avait entrepris d’accorder son souffle à l’ample respiration de ce pays immense qu’il avait choisi de faire sien. Au fil de voyages innombrables et de longs séjours, il avait su saisir, mieux que quiconque, les beautés les plus évidentes comme les plus secrètes et les mieux gardées de ce pays vaste comme un continent et en préserver le mouvant reflet. Des milliers, des millions de photographies ont vu le jour à l’issue de ses voyages, qui toutes déclinaient à leur manière les richesses et les splendeurs de l’Inde, l’infinie diversité de ses paysages, la splendeur de ses monuments, ou bien encore, abritée dans ses musées, la confondante grandeur de son patrimoine artistique.

Plus que quiconque, Jean-Louis Nou avait inlassablement arpenté les musées et les galeries de l’Inde, afin d’en dévoiler les chefs-d’oeuvre et de témoigner ensuite par ses photographies de cette grandiose floraison artistique éclose au fil des siècles dans le sous-continent.

Mais Jean-Louis Nou ne s’intéressait pas seulement à l’héritage ancien de l’Inde. Son goût pour les monuments antiques, les sculptures, les bronzes ou des miniatures qui l’avait tout naturellement conduit à collaborer de longue date avec la Conservation du Musée Guimet de Paris, comme il lui avait, en outre ouvert les portes des principaux musées de l’Inde, ne l’empêchait nullement de voir l’Inde au quotidien.

Les hommes et les femmes de ce pays, et les enfants pour lesquels il avait une tendresse particulière, les fêtes, les rites et les coutumes, les travaux des champs et des villes, les petits métiers et les activités quotidiennes, les pèlerinages vers les lieux saints ou la vie des temples, rien ne le laissait indifférent ni n’échappait à son regard amical.

Ainsi lui fut-il donné d’illustrer les textes que l’ancien Premier Ministre indien Indira Gandhi avait choisi de consacrer à son pays, et qui parut sous le titre Inde Hommes, Rites et Dieux.

La liste est longue et riche, de tous les livres que Jean-Louis Nou a consacré à l’Inde. Il n’est que d’égrener quelques titres pour mesurer l’ampleur de son travail et d’une oeuvre qui, par delà l’hommage à la beauté et les soucis esthétiques inhérent à l’art du photographe, se voulait aussi moyen de connaissance et pont jeté vers l’Inde, afin de la faire mieux comprendre et donc aimer.

Si l’on considère aujourd’hui les livres, ou les catalogues d’expositions et cette moisson de photographies qui continueront, longtemps encore, à nous faire voir l’Inde avec les yeux de Jean-Louis Nou, si l’on songe aux liens solides qui s’étaient noués entre lui et nombre de ses amis indiens, et, en France, aux amitiés fécondes qu’il avaient contractées avec de nombreux amis de l’Inde, l’on apprécie alors à sa juste mesure la contribution inestimable de Jean-Louis Nou à la connaissance de ce pays et l’on sait qu’il n’a point failli à sa tâche que, dans son amour pour l’Inde, il s’était assigné à lui-même ».

Quelques livres, que vous pourrez trouver en librairie

  • Les derniers Maharajahs, Arthaud, 1980

  • Museums of India, Hong Kong, 1991

  • Tâj Mahal de Jean-Louis Nou et Amina Okada. Editions Imprimerie nationale, octobre 1993. 240 pages.
    L’empereur moghol Shâh Jahân fit élever le Taj Mahal dès 1632 sur la dépouille mortelle de son épouse, Mumtâz. Symbole de la magnificence du Grand Moghol, il reflète les nombreuses influences - timouride, indienne, européenne - dont se réclamèrent architectes et lapidaires. Par-delà sa destination funéraire, s’inscrit en filigrane la signification allégorique du mausolée, dont le jardin est l’écho terrestre des Jardins de Paradis. Versets du Coran et entrelacs floraux chantent cette mystérieuse correspondance.

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  • Paroles de Buddha, Albin Michel, 1994

  • Borobudur de Jean-Louis Nou et Louis Frederic. Editions Imprimerie nationale, octobre 1994. 348 pages.
    Construit sur l’île de Java à partir de la fin du VIIIe siècle, le Borobudur est classé patrimoine mondial et fut restauré par l’UNESCO entre 1975 et 1985. L’ouvrage permet de pénétrer pour la première fois au coeur de ce mandala de pierre.Dans le corps du lieu illustré par les photographies de Jean-Louis Nou, Louis Fréderic explore la symbolique complexe du monument.En annexe, l’intégrale des bas-reliefs en noir et blanc publiés à La Haye, entre 1920 et 1930, par Th. Van Erp et N. J. Krom.

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  • L’Art en Inde, Editio, 1999


Publié par Patrick Le Gac le dimanche 21 avril 2002
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