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« Un joyau de l’Inde Moghole - Le Mausole d’Itimad Ud-Daulah » de Amina Okada (textes) et Jean-Louis Nou (photographies)
Editions 5 Continents. Paru en octobre 2003
A Agra, se dresse un mausole de marbre blanc aux murs constells d’incrustations de pierres semi-prcieuses et orns de peintures raffines. Moins grandiose et moins renomm que le clbre Tj Mahal, le mausole d’I’timd ud-Daulah n’en est pas moins l’un des joyaux incontests de l’art moghol du XVIIe sicle.

Le mausole fut rig l’extrme fin du rgne de l’empereur Jahngr (1605-1627) et achev en 1628. L’pouse de Jahngr, Nr Jahn, le fit lever pour abriter les dpouilles mortelles de son pre Mrz Ghiyas Beg et de sa mre. Persan d’origine, Mrz Ghiyas Beg tait entr au service de l’empereur Akbar. Avec l’accession au trne de Jahngr, et le mariage de l’empereur avec sa fille Nr Jahn en 1611, le pouvoir et le prestige de Mrz Ghyas Beg ne cessrent de crotre. Elev au rang de Premier ministre par le souverain, Mrz Ghiyas Beg se vit en outre gratifi par l’empereur du titre prestigieux d’I’timd ud-Daulah, « le Pilier de l’Etat ».

Prfigurant l’incomparable Tj Mahal, le mausole d’I’timd ud-Daulah rvle un certain nombre de partis pris architecturaux ou dcoratifs appels connatre, sous le rgne de Shh Jahn, une clatante faveur - tels le revtement de marbre blanc couvrant la surface totale du btiment, les tourelles d’angle se muant en minarets, la profusion et la richesse des incrustations de pierres semi-prcieuses se dployant en d’clatantes marqueteries polychromes sur la blancheur opaline des murs ou encore la prdilection pour les bouquets et les motifs floraux. Bti au sein d’un vaste jardin symtrique amnag suivant le modle persan du jardin quadripartite, le mausole d’I’timd ud-Daulah dresse vers le ciel quatre tours d’angle coiffes de petits kiosques hypostyles. Les murs extrieurs du mausole s’ornent de dlicates incrustations de pierres polychromes - onyx, jaspe, topaze, agate ou cornaline- affectant la forme de ramures, de pampres, de fleurs, de cyprs, de vases et d’aiguires ou reproduisant l’infini divers motifs gomtriques.

Encore plus spectaculaire est son ornementation intrieure, o la peinture s’allie aux dlicates marqueteries de pierre. Murs, plafonds et niches s’ornent de peintures murales et de reliefs de stuc peints et sculpts en une combinaison de couleurs clatantes o dominent les ocres, les rouges et les verts. Les motifs peints reprennent des motifs traits en incrustations de pierres polychromes : arbres d’essences diverses, vases emplis de fleurs et de feuillages, pampres et grappes de raisins, mais aussi coupes dbordantes de fruits et plateaux remplis de grenades -motifs qui tous constituent autant de symboles, de mtaphores et de contrepoints visuels aux descriptions coraniques voquant les splendeurs et les dlices promis aux Elus accueillis dans le Jardin d’Eden.

-  A lire le portrait de Jean-Louis Nou

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Publié par Patrick Le Gac le mercredi 10 décembre 2003
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