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« Eikoh Hosoe’s Photographic Theater »
Du jeudi 23 septembre 2004 au vendredi 5 novembre 2004
Exposition photographique
Galerie Acte 2 - Paris
Vritable vnement photographique, Eikoh Hosoe, certainement le plus grand photographe Japonais vivant expose la Galerie Acte 2.

Eikoh Hosoe

Eikoh Hosoe est l’un des matres de la photographie depuis la Seconde Guerre mondiale. N Yonezawa en 1933, il grandit Tokyo. l’ge de 18 ans, il dcide de devenir photographe.

Diplm de l’universit de photographie de Tokyo en 1954, il fait sa premire exposition individuelle en 1956. Depuis prs d’un demi-sicle, il a produit des travaux qui font date dans l’histoire de la photographie et s’est impos comme l’un des plus grands photographes de la scne internationale. Il abandonne rapidement le documentaire pour se consacrer la ralisation d’images plus audacieuses, utilisant la mythologie, les mtaphores et les sources thtrales.

L’un de ses projets majeurs a t ralis autour de l’oeuvre de l’crivain Yukio Mishima.

Eikoh Hosoe a t professeur de photographie l’Institut polytechnique de Tokyo pendant presque 30 ans. Il a galement dirig de nombreux ateliers de photographie travers le monde.

Enfin, il a expos ses oeuvres sur pratiquement l’ensemble de la plante. Aujourd’hui, 20 ans aprs la rtrospective de son uvre au Muse d’art moderne de la ville de Paris, il nous propose de dcouvrir la Galerie Acte 2, et pour la premire fois en France, ses derniers travaux en couleurs.

Quand le monde flottant de Eikoh Hosoe s’expose Paris

travers ses clbres sries de photographies en noir et blanc, depuis les portraits d’enfants amricains de ses dbuts, en passant par ses nus sensuels dans Man and Woman et dans Embrace, ou les architectures de Barcelone dans The Cosmos of Gaudi, aux mises en scnes narcissiques de Mishima dans Ordeal by Roses ou incantatoires de Tatsumi Hijikata dans Kamaitachi et encore de Kazuo Ohno, c’est toujours l’essence des choses, suspendues dans le temps, que Eikoh Hosoe s’attache mettre en scne de manire thtrale et capturer avec son botier photographique.

Fidle au quartier de Yotsuya San-Chme depuis plus de 40 ans, Eikoh Hosoe nous reoit dans son atelier de Funamachi, situ dans l’un des derniers coins calmes et presque campagnards du cur de la mtropole Tokyote. Le voici dans son univers, entre ses murs remplis de livres et de photographies, entour de ses uvres et de celles de ses amis. Il se livre facilement, aimant raconter les multiples pisodes de sa vie foisonnante, voue ds son plus jeune ge la photographie.

Inspir par la religion bouddhique et shintoste, nourri des uvres de ses contemporains amricains, tels Ansel Adams, Bill Brandt ou Edward Weston et de ses rencontres marquantes avec divers grands artistes et crateurs de son temps, tel le fondateur du Butoh Tatsumi Hijikata ou l’crivain Yukio Mishima, alors qu’il n’avait que trente ans, son art s’est transform et panoui depuis plus d’un demi-sicle, l’image du matre dans sa qute imperturbable et sacre du Beau. la fois photographe, ralisateur de films documentaires ou exprimentaux, auteur de nombreux ouvrages, professeur, directeur du muse KMoPa dans la prfecture de Yamanashi et organisateur de multiples expositions, plus de 70 ans, Eikoh Hosoe, l’un des mythes de la photographie japonaise contemporaine, est toujours d’une nergie et d’une crativit tonnante.

Malgr l’opinion japonaise gnrale, considrant encore la reprsentation du nu comme obscne et tabou, Eikoh Hosoe a toujours t fascin par le corps, par la recherche visuelle sur le nu et par son architecture. Au-del des simples considrations esthtiques et graphiques, il s’est pos la question de l’identit et du moi en dcrivant la qualit sensuelle de la chair, en sondant les corps nus, en les magnifiant, en les faisant communier avec d’autres formes presque abstraites. « La prsence magntique et mystrieuse de Tatsumi Hijikata dans Kamaitachi m’a boulevers. Et quand Yukio Mishima m’a propos son corps en « objet photographier » pour Barakei, se transformant d’homme de lettres en homme de chair, ce fut l’un des moments les plus forts de ma carrire », raconte-t-il.

Depuis sa rtrospective (1960-1980) au Muse d’art moderne de la ville de Paris en 1982, Eikoh Hosoe n’avait pu eu l’occasion de revenir exposer individuellement en France, outre sa participation rpte aux clbres Rencontres Internationales de la photographique (RIP) d’Arles, o il fut invit encore cette anne en tant que juge.

« Au XX me sicle, le noir et blanc a domin tout mon travail photographique. Mais au passage du XXI me, j’ai senti la ncessit de faire des photos en couleurs, comme un signe de renouveau », explique Eikoh Hosoe.

Plus de vingt ans ont pass et les Franais pourront dcouvrir cet automne sa nouvelle srie indite en couleurs intitule « Ukiyo-e Projections, Eikoh Hosoe’s Photographic Theater » la galerie Acte 2. Elle rend hommage la danse, au Butoh, au corps, au mouvement, l’Ukiyo-e (le monde flottant) et l’rotisme. «  mes yeux, le Butoh est une forme d’Ukiyo-e moderne », dclare l’artiste.

Un jour, il apprit avec tristesse la future dmolition du fameux atelier d’expression corporelle Asbetos qu’il voulut immortaliser. Ce lieu mythique de l’avant-garde Tokyote, cr par Tatsumi Hijikata et sa femme Akiko Motofuji, tait galement un lieu de rencontre et d’changes prolifiques entre artistes dans les annes 60-70. Investissant les lieux une dernire fois, Eikoh Hosoe choisit de mettre en scne plusieurs danseurs de Butoh sur lesquels il projeta des sujets classiques de l’Ukiyo-e et des Shunga par les matres Harunobu, Utamaro, Hokusai, tapissant les corps quasiment nus entirement peints de blanc, tels des tatouages grandeur nature. Les images de corps provenant des estampes se mlangent alors sensuellement et inextricablement aux vrais corps nus des modles, en une nbuleuse esthtique qui prend une quatrime dimension. « Toutes nos sances de travail ont t des moments d’une grande intensit cratrice, inspire par Tatsumi Hijikata, dont l’esprit planait encore sur les lieux », raconte avec motion le photographe.

Finalement, pour Eikoh Hosoe, la photographie c’est l’art de la rencontre subjective entre le photographe et son modle ; c’est un procd pour capturer le prsent et tmoigner du pass ; c’est l’un des meilleurs moyens pour s’exprimer librement ; c’est la fois un miroir et une fentre sur le monde.

Christine Cibert

Galerie Acte 2 41 rue d’Artois, 75008 Paris
Tl : 01.42.89.50.05

www.acte2photo.com


Publié par Patrick Le Gac
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